jeudi 25 août 2011

Banques : Imputabilité = pur fantasme


Les prêts secrets de la Fed à Wall Street s’élevaient à 1 200 milliards de dollars au plus fort de la panique de 2008.
C’est la conclusion tirée par Bloomberg après analyse des 29 346 pages de documents publiés par la Fed, uniquement parce que Bloomberg, justement, est allée jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis pour les obtenir.
Les 10 principaux receveurs ont obtenu 56% de la somme totale. Les 699 milliards de dollars que ces 10 ont emprunté sont… disons… nettement plus important que le “chiffre officiel concernant le renflouage” : 160 milliards de dollars dans le cadre du programme TARP.
Selon Robert Litan, ancien représentant du département de la Justice US, qui a fait partie d’une commission chargée d’analyser les caisses d’épargnes lors du scandale des années 1990, “il s’agit de chiffres stupéfiants”.
“Nous parlons ici de l’aristocratie financière américaine qui termine dans le fossé si elle n’obtient pas d’aide fédérale”. Sans parler des banques européennes, qui constituent près de la moitié des 30 principaux emprunteurs.
Selon les nouvelles règles de la Fed, les banques doivent conserver un montant minimum de fonds opérationnels disponibles quotidiennement pour éviter que la situation ne se reproduise. Mais cette règle ne s’appliquera qu’en 2015. En d’autres termes, les banques arrêteront de boire dès demain… mais d’abord, une petite bière !
▪ Ailleurs, nous pouvons voir l’administration Obama faire pression sur le procureur général de New York, Eric Schneiderman. On lui a demandé de cesser de s’opposer à un accord passé entre les fédéraux et les banques au sujet d’un ensemble de scandales hypothécaires.
Selon Gretchen Morgenson, reporter au New York Times, “au cours des dernières semaines, Shaun Donovan, secrétaire responsable du Logement et du Développement urbain, ainsi que des représentants de haut niveau du département de la Justice, mènent une campagne de plus en plus intense pour tenter de persuader le procureur général de soutenir l’accord, selon les personnes tenues au courant du contenu des réunions”.
Il semblerait que M. Schneiderman (hérétique !) soit convaincu que les banques devraient, d’une certaine manière, être tenues responsables lorsqu’elles falsifient des documents pour accélérer une saisie… ou lorsqu’elles mentent au sujet de la qualité des hypothèques qu’elles “titrisent” et vendent à des investisseurs qui ne se doutent de rien.
Dans les ruines fumantes de la crise des caisses d’épargnes, il y a 20 ans maintenant, les fédéraux ont condamné près de 1 000 crimes commis par des dirigeants du secteur bancaires. Et cette fois-ci, suite à une crise bien plus grave ? Des nèfles.
▪ Un autre problème qui n’a pas encore été résolu : la récession en double-creux est en cours, pour de bon.
A notre avis, la récession n’a jamais vraiment pris fin… mais nous avons aussi écouté les indicateurs “officiels”, auxquels le marché prête attention. L’un des plus fiables ne fonctionne plus ; il est à l’orange et clignote, mais il n’est pas rouge.
L’indice d’activité nationale de la Fed de Chicago tient compte de près de 85 indicateurs. Lorsque sa moyenne mobile sur trois mois atteint les -0,7, c’est un indicateur de récession plus fiable qu’aucun autre. Il s’est dangereusement approché de ce niveau le mois dernier, à -0,6. Mais ce mois-ci, on a pu constater une légère reprise, à -0,29.
Il ne fait aucun doute que Ben Bernanke jettera un oeil à ce rapport lorsqu’il préparera son discours pour la réunion de Jackson Hole dans le Wyoming vendredi. Lors de son discours de l’an dernier, il avait fait des références assez lourdes au second assouplissement quantitatif.
“Il est évident que Bernanke souhaite un troisième programme d’assouplissement quantitatif” déclare Dan Amoss, du Strategic Short Report, “mais il se sent probablement obligé d’attendre jusqu’à ce que la peur de la déflation aille crescendo.”
Au moins un initié est convaincu qu’un tel programme est une certitude, qu’il sera mis en place tôt ou tard. “Vous pouvez y compter”, a déclaré David Blanchflower, professeur à Dartmouth, à l’éditeur de la lettre d’information Fred Hickey en juin dernier. Blanchflower est proche de beaucoup de membres de la Fed, y compris de Bernanke et du chef de la Fed à New York, William Dudley. Lorsqu’on lui pose des questions sur la Fed, qui tente de regonfler l’économie en achetant plus de biens avec de l’argent nouvellement crée, il répond “la réponse, c’est d’en faire encore plus”.
Mais à en juger par les chiffres annoncés par la Fed de Chicago, la peur de la déflation n’est pas encore assez importante. Un autre indicateur fiable de la récession nous est parvenu de la part de la Fed de Philadelphie cette semaine. Peut-être que cela sera suffisant pour apporter de l’eau au moulin de Bernanke. Nous suivrons tout ça de près…
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ADDISON WIGGIN

Directeur du Daily ReckoningAddison Wiggin est le Directeur du Daily Reckoning, l'équivalent américain de La Chronique Agora. Addison étudie, commente et écrit sur les marchés depuis plus de dix ans. Diplômé d'un master de philosophie de l’université de St John, il adopte un point de vue global et contrarien sur les marchés américains et mondiaux.

Les mensualités font craquer le porte-monnaie


Pauvre Québécois, arrêter d’acheter des maisons qui sont sur spéculer.
Plus que c’est haut, plus que ça tombe haut.

Extrait de : Les mensualités font craquer le porte-monnaie, CarolinePailliez, Argent, 25 août 2011
Les mensualités des consommateurs s’alourdissent à mesure que les prix des maisons grimpent.
La part que les Québécois consacrent au logement grandit alors que le marché immobilier prend de la valeur. Les mensualités payées pour rembourser les prêts hypothécaires n’auront jamais été aussi élevées.
Elles peuvent atteindre jusqu’à 33 % des revenus après impôt dans la région de Montréal, selon des calculs de la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ).
La valeur des maisons unifamiliales s’est accrue de 122 % dans la province en l’espace de 10 ans, passant de 94 500 $ en 2000 à 209 500 $ en 2010. Au cours de cette période, l’inflation au Québec s’est limitée à 20 %.
En tenant compte de l’augmentation naturelle des prix, les mensualités médianes ont augmenté de moitié au cours de la même période passant de 703$ en 2000 à 1021 $ en 2010 dans la province. La FCIQ établit les calculs à partir du taux fixe à 5 ans moyen de l’année et prend en compte le scénario d’un ménage qui verserait une mise de fonds de 20% pour un prêt hypothécaire de 25 ans.
Ainsi les Québécois consacraient près de 27,5 % de leur revenu net au paiement de leur hypothèque en 2009 (dernières données disponibles) après effet de l’inflation. Cette part n’était que de 22, 6 % en 2000. Dans la ville de Québec, nous sommes passés de 20 à 27 % et à Montréal de 26 à 33 %.
Les Québécois pris à la gorge
« Avec l’augmentation des prix des maisons, les Québécois vont plus souvent chercher jusqu’à la limite de ce que les banques veulent bien prêter.
Pour l’instant les taux d’intérêt sont bas, ce qui pousse à l’achat. Mais dans quelque temps, les taux remonteront et ceux qui doivent déjà rembourser des crédits à la consommation se retrouveront pris à la gorge », explique Hugo Leroux, président d’Hypothéca. Le taux fixe à 5 ans d’un prêt hypothécaire tourne autour de 5,39 %. Il était à 8,35 % en 2000.
Les Québécois ont déjà de la difficulté à régler leurs dettes de consommation, constate le courtier hypothécaire. « Il était très courant de les voir contracter une nouvelle hypothèque pour financer leurs intérêts de consommation et pour réduire leurs mensualités.
La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a commencé à mettre un frein à cette pratique », précise-t-il.
Peut-être, trop tard, imbécile !
Plus de 500 milliards de prêts responsables par la SCHL.
« Beaucoup de ménages se mettent dans une situation délicate pour acquérir une maison, alors qu’il est encore possible d’être locataire et de faire d’autres bons placements. Être propriétaire vient avec d’autres obligations financières que le remboursement de prêt, comme l’entretien de la résidence, les assurances, les taxes », explique Charles Tanguay, porte-parole d’Union des consommateurs.
Selon Hugo Leroux, un propriétaire commence à rencontrer de sérieuses difficultés financièreslorsque l’hypothèque, le chauffage et les taxes commencent à représenter 35 % du revenu brut. En 2009, le remboursement de l’hypothèque seul correspondait à 24,6 % du revenu brut médian au Québec.
La valeur des maisons n’est pas sur le point de diminuer. La Société canadienne d’hypothèques et de logement prévoit une hausse de 4,2 % des prix moyens des résidences au Québec pour cette année. Une unifamiliale devrait se transiger aux alentours de 252 000$.
En 2012, les prix devraient continuer de monter, mais dans une moindre mesure, pour arriver à 256 400$, soit une hausse de 1,9 %.
Vous pensez que les prix des maisons montent indéfiniment, parlez aux Américains,aux Irlandais, aux  Espagnols, cupidité et avidité font partie de la nature humaine, essayer d’être raisonnable.

Identifier un fichier suspect

Vous avez reçu un fichier par email ou par une messagerie privée d'un ami ou que vous avez téléchargé sur Internet ? On ne vous le rappellera jamais assez : méfiez-vous.

La plupart des infections et de tous les tracas qu'ils entrainent : lenteur, perte de fichiers, vol d'informations,… sont dus à des programmes malveillants exécutés directement par l'utilisateur peu attentif.

Pour compléter votre antivirus, vous pouvez vous tourner vers le service gratuit en ligne Jotti qui permet de soumettre à une vingtaine d'antivirus les fichiers que vous souhaitez analyser afin de vérifier s'ils sont dangereux ou pas. Parmi ces antivirus, citons Arcavir, Avast!, AVG, Antivir, BitDefender, Dr.Web, F-Prot, F-Secure, Ikarus, Kaspersky, NOD32, Panda, Sophos, VBA32, …


Grâce au logiciel gratuit JottiQ, vous allez pouvoir facilement envoyer sur Jotti des fichiers suspect à vérifier que cela soit depuis l'interface du logiciel ou bien directement depuis l'Explorateur Windows. Le logiciel vous donnera ensuite les résultats retournés par la vingtaine d'antivirus. En cas de fichier dangereux, nous vous invitons fortement à le supprimer.

Jotti nécessitant de grosses ressources pour fonctionner, les fichiers ne doivent pas peser plus de 20 Mo pour être analysés. D'autre part, lorsque vous envoyez un fichier pour vérification, l'opération peut durer quelques minutes, des files d'attentes étant mises en place en cas de fortes affluences.

Etape suivante : Analyser les fichiers suspects depuis un navigateur Web

Sommaire du dossier :

Récupérer la clé WEP ou WPA d'un réseau sans fil - Windows toutes versions

Vous avez oublié la clé WEP ou WPA de votre réseau sans fil Wi-Fi ? Vous pouvez la retrouver avec un petit utilitaire gratuit. 
  1. Téléchargez le logiciel gratuit WirekessKeyView sur le site de son éditeur.

  2. Ouvrez le fichier téléchargé.

  3. Cliquez sur Extraire tous les fichiers.

  4. Cliquez sur Extraire.

  5. Double cliquez sur le fichier WirelessKeyView.exe.

  6. La liste des réseaux sans fil enregistrés par Windows est affiché. Le champ Key (Ascii) vous dévoile leurs clés.

  7. Pour mettre les mettre en lieu sûr, sélectionnez-les et cliquez dessus avec le bouton droit de la souris. Cliquez surSave Selected Items. Donnez un nom au fichier texte dans lequel enregistrer les clés et validez.


Le capitalisme est devenu malade


Le capitalisme est devenu malade

Le capitalisme financier a remplacé le capitalisme industriel

Banquiers centraux en folie, leaders mondiaux sans feuille de route, économies en danger, inflation en hausse, devises en perdition, matières premières frénétiques, endettement occidental incontrôlé, chômage au plus haut, sociétés stressées, reprise en mains des dettes des institutions financières par les États, braderie des biens publics à des intérêts privés, enrichissement éhonté d’une minorité, appauvrissement de la majorité, le tout avec la complicité bienveillante des gouvernements. Cette crise démontre l’impossibilité de laisser la finance se réguler seule.Pas de doute,l’économie est en route pour l’enfer.




Nous sommes rendus à la phase 2 de la crise financière débutée le 9 août 2007.
Les économies mondiales, celle des États-Unis au premier chef, ont été poussées vers une forme de capitalisme dans lequel les marchés financiers dominent, font la loi et imposent leur volonté aux entreprises. Le capitalisme financier a remplacé le capitalisme industriel.Cette évolution néfaste est la cause fondamentale des crises et fiascos financiers à répétition depuis une vingtaine d’années. Les marchés financiers sont des casinos peuplés de spéculateurs, vivant uniquement pour s’enrichir toujours plus.


Les marchés poussent à l’utilisation efficiente des ressources. Ils répondent rapidement aux besoins et attentes des consommateurs. Ils sont créateurs de richesses et de bien-être pour la société. Les marchés sont une grande invention,tout comme l’énergie nucléaire.
Chaque marché est maniaco-dépressif, il est exubérant un jour, déprimé sans raison le lendemain. Il a des goûts douteux. Il favorise les forts et les riches au détriment des faibles et des moins nantis. Il fréquente les spéculateurs de tout acabit et flirte avec l’illicite. Il souffre de mythomanie, se croyant toujours et en tout rationnel et efficient.
Le capitalisme aime s’affranchir de toute contrainte, élude les restrictions et les prohibitions. Il ne veut pas de limite et de garde-fous. Merde aux règles imposées par les États et les conventions internationales de l’ONU et ses organismes. Il déteste les gardiens incorruptibles dans une fonction publique.
Les grands marchants ont des velléités monopolistiques. Ils conspirent et complotent pour éliminer la concurrence. Les gens d’argent sont heureux quand leur ambition pécuniaire n’est pas entravée par les règles légales ou sociales.
Le capitalisme est cupide et cruel. Il ne se laissera jamais canaliser, encadrer ou régulariser. En économie,la droite finit toujours par gagner sur la gauche. La société constituée de relations marchandes et contractuelles, de calculs individuels en quête d’intérêt personnel réussi toujours à dominer la communauté organique et solidaire.
Le capitalisme se plait à saper les fondements mêmes des valeurs culturelles et sociales nécessaires à sa survie. Il est gagnant dans ses guerres contre le socialisme et le communisme. Dans un système capitaliste et rationnel, l’humain en vient à être dominé par les moyens plutôt que par la fin, par l’argent et la consommation qui deviennent les fins ultimes de l’existence.
Les gens d’argent ont une aversion profonde pour le leadership étatique, pour les supposés bienfaits de l’Etat Providence. Ils sont très généreux pour soutenir des politiciens apôtres de législations de déréglementations économiques.
Le capitalisme est habile à se guérir par lui-même de ses pathologies.
Pour les marchés financiers, la valeur du titre coté en Bourse doit croitre sans cesse. Or, le moteur premier de cette augmentation de la valeur du titre est la croissance continue du bénéfice par actions. C’est donc dire qu’un solide profit ne suffit pas. Il faut un solide profit en croissance perpétuelle.
Ce caractère infernal des marchés boursiers pousse la direction des entreprises, rémunérée par des options sur le titre, à prendre toutes les mesures pour atteindre cet objectif de croissance du bénéfice par action aussi longtemps que faire se peut.
Poussés par les pressions du marché et leur richesse en péril, les dirigeants en arrivent à des mesures à la limite du licite et parfois au delà. C’est ainsi que l’on fabrique des Enron, Worldcom et toutes les sociétés responsables de la crise financière de 2007-2008,toujours active en 2011,pour encore plus d’années.
Dans les entreprises cotées en Bourse et sans actionnaire de contrôle, les marchés financiers en sont venus à imposer leur logique du court terme. La pression des rendements à court terme exercée par les marchés financiers s’avère néfaste pour la santé et la survie des entreprises.
Les dirigeants d’entreprises cotées en Bourse sont gratifiés de nombreuses options sur le titre pour bien aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires. Non seulement ils ont un intérêt pécuniaire à tout faire pour que le bénéfice par action continue de croître, mais s’ils devaient manquer de zest et d’imagination dans la poursuite de cet objectif, ils seraient remerciés brutalement.
Même si un parachute doré devait amortir leur chute, leur valeur sur le marché du talent subirait une baisse dramatique.
Leur éthique est soumise aux pressions de leur propre fortune . Une baisse importante du cours du titre, parce que les investisseurs sont déçus ou ont perdu confiance, inflige aux dirigeants des pertes monétaires pénibles, parfois fait la différence entre une retraite somptueuse et un modeste train de vie.
Le phénomène de la mathématisation de la finance et du placement au cours des 30 dernières années joue un rôle fondamental.
L’arrivée massive de gens formés en mathématiques et en physique chez les fabricants de produits financiers, les JP Morgan, Goldman Sachs, Morgan Stanley, ainsi que dans les fonds de couverture, appelés hedge funds, a mené à des innovations financières d’un niveau inédit de complexité et d’abstraction ainsi qu’à des modèles d’évaluation des risques se voulant à la hauteur de ces nouveaux produits financiers.
Cela impressionne et intimide quiconque ne détient pas un doctorat dans le domaine, ce qui est le lot de la plupart des membres de conseil d’administration, des gestionnaires de fonds et même du personnel des agences de notation de crédit, lesquelles doivent pourtant apprécier les risques de ces produits ésotériques et leur donner une note de crédit.
Les modèles d’évaluation des risques, aussi précis puissent-ils paraître, dépendent en fait d’hypothèses fragiles et de données historiques qui ne sont pas garantes de l’avenir.
Ces modèles cherchent à estimer la probabilité que certains événements, certains niveaux de perte, se produisent. Cette probabilité dépend au premier chef de la volatilité observée historiquement dans les marchés, le risque historique probable de perte de capital pour chaque gros marchand,actif dans un marché spécifique.
Aujourd’hui, les entreprises sont soumises à trois marchés: le marché financier, le marché des biens et services, le marché du talent. Ils imposent leurs règles et leurs impératifs à la gestion et la stratégie des entreprises.
La déréglementation de nombreuses industries, la privatisation des entreprises d’État et l’ouverture des marchés à la concurrence internationale ont bouleversé plusieurs secteurs économiques. Les délocalisations des opérations vers des pays à faibles salaires, les rationalisations d’effectifs, etc., sont rendues obligatoires pour la survie.
Les fonds institutionnels sont les actionnaires majoritaires des grandes entreprises et veulent être traités comme les propriétaires de l’entreprise.Ils exigent la maximisation de la valeur aux actionnaires.
Des fonds de spéculation ou fonds de couverture, les hedge funds, entourent les entreprises cotées en Bourse et les prennent d’assaut lorsque l’occasion de faire des profits rapides se présente. Souvent, les hedge funds font en sorte que l’entreprise visée soit mise à l’encan et vendues rapidement à l’acheteur qui offre de payer le meilleur prix comptant.
Une entreprise devenue esclave du marché financier ne peut s’accommoder des contraintes de l’ancien contrat social et économique avec son personnel, comportant sécurité d’emploi et promotion exclusive à l’interne.
Tous les cadres et les dirigeants d’entreprises ont compris que leur sécurité d’emploi passait dorénavant par leur valeur sur le marché du talent. Cela a mené directement à l’émergence des vedettes et des étoiles comme dans le sport professionnel. Toutefois, ces vedettes étaient surtout remarquables par leur habilité à créer de la valeur uniquement pour les actionnaires.
Les désastres financiers à répétition, la cupidité rampante, la gestion à courte vue des entreprises prennent racines dans le modèle d’entreprise associé depuis les trente dernières années au capitalisme anglo-saxon.
Les sociétés, asservies aux marchés financiers et faisant face à une concurrence féroce pour leurs biens et services, sont prêtes à recourir à tous les moyens stratégiques, tactiques ou financiers afin d’atteindre les rendements attendus par leurs actionnaires. Elles sous-traitent et délocalisent leurs opérations, réorganisent leurs processus d’affaires. Elles étirent au maximum l’interprétation des règles comptables, adoptent tous les trucs financiers pour enjoliver leurs bilans et leurs résultats, rachètent leurs propres actions et augmentent leur ratio d’endettement. Elles procèdent à des acquisitions de concurrents ou fusionnent avec ceux-ci.
Elles concentrent leurs activités sur des secteurs moins soumis à la concurrence internationale. Elles font pression sur les gouvernements afin qu’ils assouplissent les exigences en matière de conditions de travail pour leurs employés.Elles luttent contre la syndicalisation.
Les employés, ceux qui produisent et vendent les biens et services de l’entreprise, deviennent de véritables tampons devant absorber tous les coûts et les incertitudes des mesures prises par une haute direction qui est bien payée pour être au service exclusif des actionnaires. Un sentiment d’injustice et d’iniquité s’installe au sein de l’organisation.
Tout au long des trente dernières années, les marchés financiers ont pris un ascendant pernicieux sur le fonctionnement des sociétés par actions cotées en bourse. L’entreprise cotée en bourses, sans actionnaire de contrôle, est devenue un vassal des marchés financiers.
Dans l’univers économique contemporain, lorsque l’on fait le choix de privatiser une entreprise, un bien ou un service, ce ne sont pas les lois du marché de biens et services qui vont donner le ton à sa gestion mais la logique des marchés financiers qui imposera sa loi.
Les marchés financiers exercent des pressions de rendement à court terme sur les entreprises au même temps que celles-ci doivent lutter d’arrache-pied pour composer avec la dure concurrence pour leurs biens et services.
L’univers économique de notre époque est soumis à la logique des marchés financiers, sauf dans l’entreprise résolument privée,dans l’entreprise avec un actionnaire de contrôle, avec ou sans classe d’actions à vote multiple,dans les sociétés de personnes en nom collectif, dans les coopératives, dans les sociétés d’État.
La forme classique d’entreprises, cotées en bourse et sans actionnaire majoritaire, a mené le monde économique au seuil de la catastrophe, a détruit les fonds de retraite et les épargnes des citoyens de par le monde au rythme de milliers de milliards de dollars.
Pour sauver le système capitalisme depuis 2007, les gouvernements américains et européens ont dû investir dans des entreprises cotées en bourse,des centaines de milliards de dollars de fonds publics.
Le capitalisme financier, un capitalisme de casino, est devenu la norme dans les pays développés. Il est la propriété d’un grand nombre de fonds de placement aux objectifs de rendement à court terme, d’actionnaires éphémères et spéculatifs, gérés par des dirigeants mercenaires et mobiles, bien payés pour servir exclusivement ces nouveaux actionnaires. Ce modèle est à la source des fiascos financiers que nous avons connus au cours des dernières années.
Source: Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu, tiré du livre « Black Markets… and Business Blues », FI Press, juin 2009

Steve Jobs Démissionne de son Poste de CEO : my Take !


Nouveau coup de tonnerre dans la Tech (après le revirement d'HP et Google/Motorola), Steve Jobs a annoncé hier soir qu'il démissionnait de son poste de CEO d'Apple, repris pas Tim Cook, le fidèle second. De quoi alimenter quelques inquiétudes.
Même si ce n'est pas une excellente nouvelle, il ne faut pas non plus sur-réagir à cette information :
- Dans les faits, depuis plusieurs mois, Steve Jobs n'exerçait plus réellement un rôle de CEO mais s'était concentré sur le développement produit, les grandes negos et la stratégie, laissant le day-to-day à Tim Cook. Ce qui je pense était bien préférable, l'homme se focalisant sur là où il est le meilleur.
- La communication en janvier dernier laissait déja sous-entendre qu'il ne reviendrait pas et je suis presque certain que ce move en 2 temps avait été parfaitement orchestré fin 2010, laissant ainsi le temps à Steve Jobs et au Conseil d'Administration de préparer la transition (avec justement Tim Cook), et de préparer aussi le marché. Cette démission n'est pas à mon sens liée à une dégradation de son état de santé.
- L'esprit Steve Jobs, son attention aux détails, le travail (et l'avantage concurrentiel) sur la user experience, irriguent aujourd'hui l'ensemble d'Apple et certainement bien plus et mieux qu'en 1985 quand il fut éjecté. Il vient de passer près de 14 ans chez Apple, plus que les 9 ans entre 1976 et 1985 (période pendant laquelle il n'avait jamais été CEO de la firme), et a donc (re)façonné Apple à son image, choisissant avec attentions ses principaux cadres exécutifs. Cela va rester un bon bout de temps.
Steve Jobs reste Président du Conseil d'Administration et "closely involved". Je ne suis pas certain que, dans l'immédiat, dans les faits, cela fasse une grande différence par rapport à ce qu'il faisait depuis janvier. Et s'il continue dans les 10 ans à venir à rester Président du Board et contribuer là où il est le meilleur, c'est juste parfait. Mais il y a bien entendu des incertitudes sur son degré d'implication dans le futur, en grande partie liées à sa santé.
Pour les 3 ou 4 ans à venir, le pipe produit est déja bien calé. Les grandes orientations ont été prises.
- Au niveau du cours de Bourse, avec un P/E hors cash de l'ordre de 9, ce pour une croissance au dernier trimestre de près de 100% des bénéfices, le marché prenait déja en grande partie en compte les incertitudes sur Steve Jobs.
En conséquence :
  • A court et moyen terme, il n'y a aucune d'inquiétude à avoir.
  • Le long terme reste évidemment plus incertain, mais c'est tout de même le cas de la plupart des sociétés. Bien malin qui pourrait dire où seront dans 10 ans les Amazon, Walmart, Exxon ou HP...
  • Apple n'était pas chère en Bourse. Les interrogations sur le long terme pourraient ne pas la propulser à plus de 1000$ dans 5 ans, mais elle reste une valeur avec un sacré potentiel. On a moins de chance de faire du x3 e 5 ans, voila tout.
  • J'abaisse donc simplement mes price points d'entrée (indiqués ICI) de 10% : à 360$ (vs 400) elle est intéressante, à 315$ (vs 350) c'est une très bonne affaire, à 290$ (vs 320) c'est une aubaine. Nous verrons ce que Mr Market nous apportera aujourd'hui et dans les jours à venir.